Comprendre le débat sur les Adrian de l’AS, de l’Adrian camouflé et de l’intendance à attribut détouré

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Comprendre le débat sur les Adrian de l’AS, de l’Adrian camouflé et de l’intendance à attribut détouré

Message  monfort1 le Jeu 10 Juin - 20:42

Comprendre le débat sur les Adrian de l’AS, de l’Adrian camouflé et de l’intendance à attribut détouré :

S’il y a un sujet polémique sur le thème des Adrian 15, c’est bien celui-ci. La question est : ces casques ont-ils vraiment existé ? Nous pensons que les enjeux financiers sont tels que le débat sur ces trois casques est volontairement faussé. Au vu de la sensibilité du sujet, car certains collectionneurs ont consenti de bonne foi d’en payer très cher et d’autres y croient dur comme fer, nous pensons qu’il est sain de présenter quelques évidences :

D’abord, (curieusement ?), le postulat de départ a été et est toujours : ces casques ont existé parce qu’on en connaît des exemplaires en collection.

L’imposture est là, flagrante pour quelqu’un qui ne serait pas passionné ou aveuglé par le désir de possession.

En effet, il serait beaucoup plus rationnel de prendre le problème plus logiquement : ces casques ont existé parce qu’on a des preuves historiques de leur existence.

Là se situe la vraie interrogation. Bien peu s’y risquent.

Voyons maintenant les deux questions liées au postulat de départ (« ces casques ont existé parce qu’on en connaît des exemplaires en collection ») :
- Pourquoi en trouve-t-on en collection ? Parce que certains collectionneurs ont voulu aller jusqu’au bout du thème de l’Adrian, en récupérant toutes ses variantes. A cela s’ajoute la volonté de se démarquer du collègue, d’avoir, de posséder la pièce unique. Nous n’écrivons pas « authentique » mais « unique ». Le but était d’entendre : « untel a le fameux casque à insigne xxx,c’est donc un grand collectionneur, quelle chance il a ! ». Donc, pour satisfaire cette demande, des casques sont apparus…
- Quelles sont les bases historiques, iconographiques qui prouvent l’existence de ces trois casques ? Aucune. C’est un constat froid, sans appel, imparable. Aucune preuve . Et pourtant, des preuves, il en faudrait. Même et surtout les vendeurs le savent et la cherchent: une preuve, une seule preuve et les prix explosent !

Mais nos bonimenteurs ont trouvé la technique de vente pour contourner la seconde question et noient le poisson dans un potage d’assertions, mélangeant allégrement vérités et possibilités. L’exemple le plus connu est « le général Estienne avait demandé un casque sans visière pour les équipages de chars » qui a donné lieu à une ribambelle de casques sans visière.

Prenons ici comme exemple la question du casque Adrian camouflé:

L’argument du vendeur: « Les Allemands les camouflaient bien, et on en a des preuves, donc pourquoi pas les Français ? »
Un avis rapide: Le principe d’un casque est aussi d’identifier visuellement son porteur, d’où des formes très caractéristiques et bien différentes les unes des autres.


L’argument du vendeur: « les observateurs d’artillerie avaient le droit aux effets camouflés, donc le casque … »
Un avis rapide: Imparable….donc, quand on est en BH, on a un casque BH….les observateurs terrestres d’artillerie, par déduction, en étaient donc équipés

L’argument du vendeur: «on trouve souvent des casques couvert de terre ou de craie, donc les gars les camouflaient bien »
Un avis rapide: Camoufler un casque avec de la terre est interdit dans les armées pour la raison évidente de risque d’infection quand le casque est transpercé.

L’argument du vendeur: « on en sort encore, de ces bons casques, de brocantes ou de vieilles collections »
Un avis rapide: Nous ne nous appesantirons pas sur le fameux « 100% pur jus ». Hormis l’aspect incantatoire (« y’a encore du bon ! »), nous demanderons simplement : en quoi est-ce une preuve historique ?


Rappelons que le BH est déjà une forme de camouflage….A notre connaissance, le seul camouflage (logique de surcroît !) apporté sur un Adrian est le blanc en période hivernal. Nous incluons les casques « moutarde – kaki » qui relèvent de la même évidence. Mais un casque Adrian 15 camouflé « 3 tons », donc déjà un motif complexe en terme de concept, vous y croyez, vous ?

Fin de l’exemple. Rebondissons d’emblée sur un autre « canard » de la collection qui veut que les équipages de chars (principalement FT17, se dit-il) aient transformés leur casque en en supprimant simplement la visière. L’examen des pièces actuellement en collection montre effectivement d’authentiques Adrian, dont la visière a été sectionné (quand ?...) mais…sans aucune des traces caractéristiques que présagerait l’emploi dans un blindé …. ! Etonnant, non ? Aucun casque à visière coupée ne porte même la marque d’un bandeau de circonstance, particulièrement utile pour absorber les chocs du char en mouvement, qui était pourtant au cœur du projet de casque de notre général Estienne. Etonnant, non ? Etc…

Pourtant la demande reste toujours aussi forte. Ceci explique pourquoi les ouvrages commerciaux (revues, livres) en parlent : l’intérêt des collectionneurs sur ces sujets est tel qu’il ne serait pas vendeur de ne pas en parler. Quelques grands auteurs s’y sont donc risqués mais sans jamais accréditer l’existence de ces pièces. D’un certain côté, c’est plutôt rassurant.

Donc tout le monde en parle mais finalement personne ne sait et n’est affirmatif. Plus inquiétant, personne ne veut se prononcer sur l’authenticité de ces casques….cela devrait mettre la puce à l’oreille non ?
En fait on se contente d’entretenir et de colporter des bruits, entendus d’autres collectionneurs : « ça a dû exister », « ils ont peut-être existé », etc….En clair, le collectionneur achète un objet qui a peut-être existé. Il achète donc du vent ! Pire, il lui reviendra probablement de faire la preuve de l’existence de sa pièce !

Particulièrement séduisants avec leur patine d’antan (et pour cause : les AS sont de bons Artillerie retravaillés !), ces casques doivent être, pour nous, collectionneurs des années 2010, considérés avec une très forte suspicion. Leur provenance (« sorti d’une vieille collection ») n’est en aucun cas une garantie si vous avez suivi ce texte (au contraire !). En effet, qui peut se prévaloir de savoir ? On le constate à l’achat où tous les arguments (« le général Estienne, etc…. ») sont autant de sommations à ne pas négocier le prix. Etonnamment, à la revente du même objet, on est souvent désagréablement surpris d’entendre un autre son de cloche de la part même de ceux qui précédemment vous expliquaient doctement que « c’est du tout bon ! ». Allez leur dire que « le général Estienne, etc…. »…

Evidemment, à lire ce texte, ceux qui en possèdent pousseront des cris d’orfraie. Nous entendrons probablement la fameuse sentence « moi, monsieur, cela fait trente ans que je collectionne ! »…Mais leur achat les regarde. Et nous sommes les premiers à vouloir être convaincu de l’existence de ces casques. Mais pas sur de simples paroles.

Tout cela pour vous inviter à la plus grande prudence. On ne le dira jamais assez, vous avez plus de chance de vous faire avoir que de tomber sur une bonne pièce. D’ailleurs, vous n’avez quasi aucune chance de voir une bonne pièce.

Tout ce business repose sur la crédulité et la naïveté de l’acheteur.

monfort1

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Et le phénomène est renforcé par le net

Message  Admin le Jeu 10 Juin - 23:33

Avant l'envie était créer par la visite des collections des copains, par la rencontre avec ce type de merveille dans les bourses, par les magazines spécialisé. Nul ancien à oublié l'affaire des "gros plans" de notre magazine préféré qui s'était relevé un cheval de Troie pour avaliser des créations nouvelles. Le dernier gros "scandales fut les casques LVF présentés dans ce magazine. Néanmoins, le ménage fut fait en interne et tout est revenu "normal".
Maintenant avec internet le mal est amplifié de manière exponentiel, le marché s'étend ouvert d'une manière extraordinaire. Et en plus, il s'est anonymisé, plus vraiment de contact. Le malfaisant est à l'abri...

quand je vois la nouvelle vague de BH de cet été, cela me rappel les faux stahlhelm 35 double insignes. Introduire des faux, peut à peut formater l'œil à les reconnaitre comme du bon et hop l'affaire et dans le sac...

Ce genre de bidouille est le meilleur moyen de se réaliser une très bel collection, la plus belle collection de ma région était celle du plus grand des magouilleurs du secteur qui à été pendant de longue année un des mes meilleurs amis, mais aussi la personne qui m'a le plus entubé dans le monde de la collection.

Que les prix augmentent ce n'est pas grave puisque l'on va se créer du bénéfice pour s'acheter des bonnes pièces et avoir une collection superbe qui v faire de nous une référence.

Et on nous donne des arguments du type le lot est sorti en 1990.... Comme si en 1990, il n'y avait pas de faux, des les années 1980, les bidouilles ont été fait en série.
Ce type d'argument chronologique laissent tout de suite voir à qui l'arnaque s'adresse : aux jeunes collectionneurs.

Et comme ceux qui ont vraiment de l'expérience dans la collection, en manquait au départ dans l'informatique leurs savoir à laisser peut à peut sa place aux cyber-arnaqueur.

Mais voilà, il parait que je suis anormal, que je vois des faux partout...
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